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« L'idée générale de ce livre est qu'on apprend des choses sans s'ennuyer,
j'espère. Sur des écrivains, des oeuvres, des personnages, des notions, sur la
littérature, en un mot, et même à côté : que la France doit la laitue et le
platane à Rabelais, par exemple ; tous les écrivains n'en ont pas fait autant.
Et leurs « morts inhabituelles » ! J'ai été étonné, par le nombre d'écrivains
morts écrasés par un véhicule. Emile Verhaeren, Roland Barthes, Fagus, Claudien,
Jean Follain, Catulle Mendès, le gendre de Théophile Gautier. J'ai essayé de
varier les façons de raconter : plutôt que d'exposer ce qu'est A la recherche du
temps perdu, ce qui me paraissait assez vain, j'ai cherché ce que ce roman n'est
pas. Un article est progressif afin de montrer comment on entre dans un écrivain
(« Green »), un autre sert à dire pourquoi on ne lit pas certains chefs-d'oeuvre
(« Les Misérables »). Il y a des pour (la plupart), des contre (« Céline », « La
Princesse de Clèves »), certains articles servent à parler d'autre chose que de
l'auteur même (« Bourges »), on y rencontre « un des romans célèbres les plus
mal écrits de la littérature française ». La grande majorité des auteurs est du
XXe siècle ; le plus ancien est Villon, le plus récent, Françoise Sagan.
Principalement des Français, car si j'avais parlé des Astolphe de Custine
anglais, italiens et russes en plus du Français, mon livre aurait fait huit
mille pages et autant d'exils par désespoir. Je ne parle que de morts, par
équité, si je puis dire. C'est enfin une sorte d'essai d'esthétique, et malgré
moi, un autoportrait. Les dictionnaires sont peut-être les moins pesants des
livres, qui laissent le lecteur choisir ce qu'il veut, quand il veut, comme il
veut, dans le plus grand désordre, pour son éventuel plaisir. »
Dictionnaire égoïste de la littérature française
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