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Avec Descartes, nous avons l’habitude de considérer que « la lecture de tous les
bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles
passés ». Dans sa leçon inaugurale à Oxford pour la chaire de lettres
françaises, Alain Viala passe à l’acte…
Cet éloge historique du littéraire prend ici la forme d’une « leçon » passionnée
et passionnante sur Rousseau et ses œuvres, en particulier Emile, qui « vous
range aux côtés de Montaigne et de Rabelais, d’Erasme et de Platon », précise
l’auteur. Un hommage vibrant à la littérature, à l’enseignement littéraire, à la
discussion, « une dispute de bonne foi et pas du caquetage », qui était la leçon
inaugurale de la chaire de lettres françaises prononcée par l’auteur à
l’université d’Oxford.
*
S’adressant à Jean-Jacques Rousseau en personne, entre hommage et irrévérence,
Viala réfute la dénonciation rousseauiste du pouvoir corrupteur des formes
littéraires et artistiques. « Convaincu que les lettres et les arts sont utiles,
nécessaires et salutaires » (p.12), il se propose d’étudier l’intérêt que les
textes littéraires produisent en un essai qui ne tient pas au monologue mais
plutôt au dialogue, plus à la libre discussion qu’au plagiat ou au pastiche de
la forme épistolaire, que Rousseau affectionnait tout particulièrement. Prenant
pour interlocuteur fictif ce célèbre pourfendeur des lettres et des arts que fut
l’auteur de la Lettre à d’Alembert et devançant ses objections, Viala nous
invite à un retour aux textes mêmes. Par son éloge du « littéraire », la visée
de cet essai d’une centaine de pages est la réhabilitation de la fonction de la
littérature, en une interrogation sur la valeur sociale des formes et sur leur
réception, ce que Viala appelle la « sociopoétique ». Selon sa formule, il
cherche à « replacer l’intérêt » en fonction de son contexte historique et
social, faisant ainsi de la littérature et de son action indirecte, par détour,
un mode de connaissance grâce à cette « puissance de l’adhésion intime » qu’elle
suscite. Pour asseoir la pertinence de ses propos, l’auteur ajoute en annexe
deux florilèges de citations extraites d’ouvrages de référence ou d’auteurs
célèbres : « De l’intérêt en littérature », puis « De quelques considérations
plus philosophiques sur l’intérêt ». Un essai audacieux réalisé avec virulence
et brio.
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