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Maurice Garçon (1889-1967) fut l’un des plus grands avocats de son temps. De
1912 à sa mort, il a consigné les événements, petits et grands, dont il était le
témoin ou l’acteur.
Il vient de prêter serment quand il commence ce journal, loin d’imaginer qu’il
va devenir monumental. Il s’agit, dit-il, de « simples notes » au fil de la
plume, jamais retouchées. Petites scènes, portraits, encore un peu scolaires. Et
bien vite, il trouve son style, celui d’un exceptionnel observateur.
Les premiers temps sont rudes, bouleversés par la Grande Guerre. Réformé, il
souffre d’être considéré comme un planqué mais, devant les conseils de guerre,
il apprend le métier.
Et quand il ne travaille pas, il décrit l’atmosphère qui s’alourdit. Jusqu’à
l’armistice qu’il « couvre » comme un reporter. Il en a l’oeil et se débrouille
pour être partout où il se passe quelque chose, comme plus tard, au Bourget, à
l’arrivée de Charles Lindbergh.
Familier des estaminets du Quartier latin, il rencontre des artistes, des
auteurs qu’il se fera une spécialité de défendre. Et les clients affluent,
l’obligeant parfois à négliger son journal.
Entre plaidoiries de routine et intérêts de Coco Chanel, il parvient à courir
les premières et, plus inattendu, à satisfaire sa curiosité pour le paranormal.
Les scandales des années 1930 lui donnent matière à réflexion, penché sur un
dossier proche de l’affaire Stavisky. Son mépris de la corruption des confrères
députés, présidents du Conseil passés et futurs, s’épanche, sans parler de ses
colères à l’encontre des magistrats.
Maurice Garçon mord mais n’est pas lui-même à l’abri des préjugés racistes et
antisémites. Il ouvre les yeux à Berlin, peu après la Nuit de Cristal, alors
qu’il va représenter la famille du diplomate assassiné par Herschel Grynszpan.
La guerre, à nouveau, sera bientôt là.
Journal (1912-1939)
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